vendredi 24 mars 2017

Boucle Nord Caraïbes

Un petit bonjour en video pour commencer



(Rha, j'avais mis une musique sympa de Neil Young en intro, Youtube m'a coupé le son d'autorité, en arguant des droits d'auteur et réclamation des ayants droits ... donc je l'ai refaite sans musique d'intro ...)
ça y est, j'ai donc terminé ma boucle Nord Caraïbes, arrivé jeudi soir 23 mars à Deshaies d'où j'étais parti le 27 février.
En un mois, c'est environ 500 milles parcourus dont grosso modo la première moitié au portant et la seconde au près serré, je dirais même collé serré contre des vents Est Sud Est de 23 à 25 noeuds en moyenne et une houle également Est Sud Est donc ''tout dans le nez"
Cette seconde partie a été un bon exercice de préparation aux probables longues journées de près qui m'attendent sur la route du retour d'ici un mois environ.

Depuis mon arrivée en Martinique fin décembre, c'est environ mille mille que j'ai parcourus en tout, mine de rien.

Sur ces navigations au près dans une forte brise, j'ai beaucoup utilisé le solent, cette voile d'avant taillée spécialement pour ça, et même si son établissement en route dans une mer qui tape, un bateau qui gîte et qui arrose, est une épreuve sportive en tant que telle ( un bonne demi-heure de boulot pour tout mettre en place, bien attaché au harnais, avec de  nombreux aller-retours avant-arrière) j'en étais très satisfait car le résultat est vraiment à la hauteur, le bateau marche tout de même bien mieux dans ces conditions qu'un génois roulé, et jusqu'à 25 noeuds de vent au près dans cette mer formée, je me suis rendu compte que j'arrive à tenir le bateau y compris avec le régulateur d'allure (Benhur) avec la grand-voile haute  grâce au solent qui évacue bien mieux la pression dans les hauts, et donc à tenir une allure serrée qui avance bien. Rassurant pour la suite ...

Désormais, je vais rester un peu plus tranquille dans le secteur Guadeloupe, Les Saintes, Marie-Galante, pendant ce dernier mois, et penser à la préparation de la route du retour que j'attends avec grande impatience et comme un nouveau temps fort du voyage.

Salut à toutes et à tous.


dimanche 19 mars 2017

Des Vierges à St Kitts

Virgin Gorda, bon, il faut dire que c'est beau. Je suis parti à pied vers le sud de l'île, jusqu'à cet endroit étonnant des ''Baths'' ( littéralement, les bains).
Une vraie carte postale, cocotiers, sables blancs, rochers de granit tout en grosses boules, presque des gros bonbons à croquer, magnifique.
Beaucoup de monde, ceci dit, qui arrivent déversés par des espèces d'autobus ou taxis collectifs faits de bancs ouverts un peu comme ces voitures de ''petits trains à touristes'', bariolés de couleurs vives; et aussi (très) nombreux bateaux au mouillage, dont beaucoup de catamarans venus des flottes de locations, la plupart sous pavillons américains.

Parc naturel protégé, entrée par la terre payante, parcours fléché, bar-restaurant et boutiques à proximité, on est dans le tourisme pour de bon.

La ballade dans les ''Baths'' se fait au milieu des gros bonbons de granit qui dessinent un labyrinthe qu'on parcourt les pieds dans une eau digne des plus beaux dépliants touristiques, avec des effets de lumière d'une folle esthétique.






    La carte postale ...









Et aussi l'histoire du passé commun de ces îles des Caraïbes qui témoigne sur certains murs ...


Reparti des Vierges, j'entame une route sud-est … avec un vent d'est de 25 noeuds en moyenne, donc au près qui s'avèrera ''près serré'' car si les fichiers GRIB météo donnaient une légère orientation est-nord-est elle n'a pas eu lieu.



La nuit tombe et s'allume parfois de .. mille feux ...

Je vise St Kitts à 125 milles dans ces conditions, avec une mer définie ''agitée à forte'' avec houle d'est aussi, donc comme on dit ''tout dans le nez'', ça gite fort, ça tape dans la vague, ça arrose bien le cockpit par moments, ça change du ''portant'' mais je me dis que ça me fait une idée de ce que j'aurai probablement pendant quelque temps sur la route du retour.
Par moments, c'est un peu déprimant tout de même, avec tout dans le nez, le bateau n'avance guère, il est à la peine, tirer un grand bord vers l'Est pour reprendre plus d'angle au vent ensuite me ferait remonter trop nord-est à l'envers de ma route, pas envie, allez, je m'accroche et je persévère … Il me faudra trente heures pour faire ces 125 milles, avec une arrivée sur St Kitts dans 30 noeuds rageurs, avec un final au moteur dans la zone d'approche où j'ai cru ne jamais y arriver.

En tout cas, une grosse envie d'un bon repos après cette navigation, disons musclée et fatigante.
 
Tout juste eu le temps de faire la procédure Customs, trop tard pour l'Immigration, puis on est samedi soir, on me dit qu'il faut que j'aille à l'aéroport pour l'Immigration car dimanche c'est fermé ici… bon, la routine administrative douanière, quoi …mais dans ces contrées, c'est très très sérieux, on n'est pas du genre à plaisanter sur cet aspect et les agents de ces services sont rarement du genre souriants, comparé à la zone française où on fait tout soi-même sur un ordinateur dans un bureau de marina voire dans un bistrot ou commerce équipé pour ça (comme à Deshaies par exemple) ...
En discutant avec un jeune couple de suisses-allemands avec leurs enfants et qui sont en voyage 6 mois dans les Caraïbes avec un voilier de location, il me dit également que sur les îles françaises c'est généralement plus cool et sympa … ça doit être vrai ?

St Kitts, ou St Christopher, baptisée ainsi par Christophe Colomb qui lui donna son nom, est associée avec Nevis dans un petit état indépendant après avoir été colonie anglaise au Nord de Montserrat, et donc à environ à environ 90 milles au Nord de la Guadeloupe.
Dollar-US ou Dollar-Caraîbes, conduite à gauche, langue anglaise, et une de ces îles où français et anglais se sont particulièrement ''frittés'' par le passé notamment à l'époque où l'Anglais nous a mis la pâtée aux Saintes en détruisant notre flotte, jusqu'à ce que le traité de Versailles en 1783 finisse par attribuer définitivement l'île aux anglais,
Le nom de la ville principale témoigne du passé français, elle s'appelle Basseterre, comme sa cousine guadeloupéenne.

jeudi 16 mars 2017

Vierges ...marri

Remise à l'eau depuis le chantier Geminga à St Martin, j'espérais attraper
l'ouverture du pont de 9 Heures … loupé.
Je mouille en attendant celui de 14H30.
Bon sang de rafales, fond de vase, l'ancre tient mal et dérape une fois en
beauté, avec la trouille de me retrouver encore échoué dans cet endroit
rempli de hauts fonds … allez, retour à mon petit ponton ''nez au
bistrot'', on verra ça demain.
Finalement je suis sorti mardi matin juste pour attraper ce fichu pont de
9H, ouff ..
Sorti de ce lagon qui rime avec hauts fonds, ça souffle bien et ça clapote
fort aussi … Je compte me poser en attente d'un départ le soir pour
rejoindre les 85 milles qui me séparent des Iles Vierges en navigation de
nuit, mais rester dans cette baie, non.
Finalement je vais mouiller plus haut dans la baie de Grand-Case, plus
tranquille, moins de monde, jolie, puis je repars en début d'après midi
vers Anguilla, île plate et tout en long à quelques milles de St Martin,
j'y ai repéré deux ilots sauvages non habités dans son nord.
Prickly Pearls Islands ( elles sont deux) , puis Dog Island, belles plages
désertes de sable blanc, personne, juste des frégates qui pêchent sur Dog
Island, mais pas de quoi mouiller ici, trop de houle car le vent est
encore un peu Sud-Est .. et puis l'heure arrive que je fasse route sur les
Vierges.

Nuit de navigation relativement tranquille avec environ 18 à 20 noeuds de
vent plein arrière, je vais faire des bords grand largue avec plusieurs
empannages de nuit pour me recaler sur la route.

Arrivée en fin de matinée sur les Iles Vierges, négocier la passe sud de
Round Rock Passage puis m'y voilà aux Vierges …Je remonte sur Virgin
Gorda, avec ses zones de mouillages bordées de belles plages de sable
blanc et cocotiers et gros cailloux arrondis, c'est beau mais c'est blindé
de monde, surtout des catamarans, pavillons américains très
majoritairement, français on les cherche …
Je continue de monter sur Virgin Gorda et me pose … chouette un corps mort
pas trop loin pour aller faire ma procédure d'entrée en douane …
Procédure dounière labaorieuse, distributeur de cash en panne ( car il
faut payer son entrée, et ici c'est le dollar US) et qui me bouffe ma
carte bleue, temps perdu à la récupérer ( ouf !!)
Retour sur Nomade, la nuit va tomber … tiens un zodiac qui vient me
réclamer le paiement du corps mort … Eh ben là les bras m'en tombent !
30 ( trente !) dollars US pour un corps mort où t'as rien … eau,
étectricité, douche, sanitaire … rien !
Ah, si ! Le gars me dit '' I can take your first garbage bag for free'' …
Je peux prendre ton premier sac poubelle gratuitement ...monsieur est trop
bon !!!

Plus cher qu'une place en marina en Guadeloupe, ou même à St Martin, trois
fois le prix d'un même corps mort aux Saintes autrement plus sympa …

Chères les cartes postales cocotiers-sable blanc aux … vierges ?
A mon avis, pas si vierges que ça.

Bon je vais quand même aller grenouiller dans les parages, mais pas
l'impression que je vais moisir ici longtemps, dans cet endroit ''pour
américains'' …

Pour l'instant, mon avis sur ces fameuses BVI (prononcez moi ça bien comme
il faut, bivi-aille) c'est "bof, bof et rebof", friqué et surfait.
Je sens que je vais redescendre aux Saintes où à Marie-Galante sans trop
tarder, si monter en latitude fait monter les prix comme ça, je renonce et
préfère redescendre ... trop chers les cocotiers et le reste qui va avec!!
Bon je vais essayer d'élargir , mais pour l'instant, à l'arrivée, ces
''vierges'' me laissent froid …
Ou même pourrais-je dire que j'en suis, des vierges, marri !!!

envoyé par mail Iridium parce que même avec les 30 dollars pour un simple
corps mort, t'as pas un accès réseau disponible, et même le 3G me refuse
tout accès ... je dois pas être assez "américain" sans doute ...

dimanche 12 mars 2017

Sauté SXM

Parce qu'il n'y a pas de raison de parler toujours de la même chose tout le temps ...

Recette de mon sauté de porc au caramel SXM ( SXM étant l"acronyme par lequel on désigne localement l'île de St Martin)

Cherchez ... Cherchez bien ... une viande dans un commerce alimentaire de St Martin ... puis finissez par une de ces nombreuses supérettes chinoises où vous ne trouverez que des viandes surgelées, adoptez la barquette de côtes de porc congelées importées du Bresil sauf si vous avez quelque chose contre les brésiliens, et ne grinchez pas ... C'est pas cher.
Sinon allez au superbe SuperU de Marigot ( St Martin) c'est plus loin et c'est plus cher.
Décongelez tranquillement en vaquant à d'autres occupations, ya pas le feu.

Les autres ingrédients:
- sucre en poudre, deux bonnes grosses cuillérées à soupe
- une noix de beurre et un filet d'huile
- une échalotte ou un demi-oignon émincé
- deux cuillérées de sauce aigre-douce de chez le même chinois
- et un peu de bonne volonté ( ...une pincée ...)  

Une fois décongelées, détaillez les côtes en morceaux émincés, partons sur deux côtes pour un gars qui a bien faim.

Servez vous un petit rosé bien frais sorti du frigo, accompagné de quelques cacahuètes, et réservez environ une à deux cuillérées de cacahuètes que vous écraserez ou hacherez, avec le premier ustensile à portée de main ayant la faculté de réaliser cette opération, marteau, gros couteau, cul de casserole, couteau, caterpillar .... 

Mettez les de côté... 

Dans une poêle, faites fondre le mélange beurre-huile, jetez y les émincés de porc, laissez dorer un peu à feu vif, puis ajoutez le sucre. Quand ça commence à caraméliser, baissez un peu le feu .... 

Ajoutez les cacahuètes. Laissez caraméliser encore, puis quand c'est bien couleur caramel, ajoutez un peu de sauce aigre-douce. 

En final, ajoutez l'oignon émincé, oui oui, au final, pour qu'il reste croustillant et se caramélise lui-aussi. 

Faites cuire un riz à votre convenance. 

Videz votre verre de rosé qui est de moins en moins frais ... 
Et servez avec un thé au jasmin, bien entendu non sucré, nature... 

Et continuez de rêver à la suite ...   

La suite ? 
Arbre d'hélice remonté, bague conique passée au tour,  moteur révisé, vidangé, filtres neufs, impeller de la pompe à eau changé, anodes, etc ... La totale ... Comme un sou neuf !! 

Au passage, drisse de grand-voile neuve. 
Avitaillement refait, car plus haut si je pouvais éviter d'avoir à ravitailler trop vite car on a l'impression que le coût de la vie est indexé sur la latitude ... 

Remise à l'eau lundi, cap sur les BVI ...bristish virgin islands, avec une météo qui s'améliore. 

Commentaires, critiques, désapprobations (ou félicitations), améliorations .... pour la recette ? N'hésitez pas....       

jeudi 9 mars 2017

Un petit tour à sec

ça souffle fort en ce moment sur St Martin et sur les Antilles en général, un BMS ( bulletin météo spécial) est en cours avec un avis de grand frais.
Et ce jeudi matin pour partir du ponton et rejoindre le chantier pour sortir Nomade, avec une incertitude sur la tenue de mon accouplement d'arbre d'hélice ... je n'en menais pas si large ...
Et puis, est-ce la tension ... ou l'inattention ? Un peu obnubilé par le fait de vérifier si l'hélice pousse toujours, je suis allé me planter sur un banc de  vase à quelques dizaines de mètres du ponton de la cale du chantier .... rien de grave, mais agaçant ! Il y a beaucoup de zones avec très peu de fond dans le lagon.
Surtout qu'avec 27 à 28 noeuds de vent qui poussaient derrière, et ma crainte de décrocher mon arbre en insistant trop sur le moteur, pas facile de m'en dépétrer ... un zodiac du chantier est venu m'en sortir.

Enfin ça y est, il est sorti de l'eau et posé à sec.



 

(pardon pour le contenu un peu technique mais c'est mon quotidien du moment ...)
Premier verdict après démontage par le diéséliste, il m'a montré clairement que l'intervention précédente, celle faite aux Canaries lors du changement d'hélice a été mal faite. C'est vrai qu'ils ne connaissaient pas ce type d'accouplement de marque Vetus, je me souviens les avoir entendu taper comme des malades, et la pièce conique de serrage de l'arbre dans le gros silent-bloc a été voilée, et la cloche d'accouplement qui accueille le gros caoutchouc de silent-bloc a été tordue. Alors qu'il y a une astuce de démontage - que le gars m'a montrée, qui fait que ça doit venir tout seul sans forcer ! On place une vis dans un filetage de la pièce conique prévu à cet effet et au vissage elle pousse comme le ferait un arrache-moyeu ... D'après lui les gars des Canaries m'ont fait un massacre .( "eh, quand on connait pas on se renseigne" me dit-il à leur propos..) De là à penser que le bout pris dans l'hélice qui fait arracher l'arbre démontre que c'était mal monté ....?? Car tout de même arracher un arbre d'hélice avec un bout de cordage qui s'enroule ... quand même !
Et rétrospectivement, heureusement que l'anode vissée sur l'arbre a fait butée pour le retenir sinon, il chassait complètement du joint de presse étoupe et je faisais ... voie d'eau !!

Suite de l'épisode: soit il peut repasser la pièce conique au tour sinon il commande la pièce et je suis bon pour un séjour à sec de l'ordre d'une semaine ...J'en saurai plus demain vendredi... et s'agissant d'un vendredi, je vais au moins passer le week-end à sec sur la terre plein du chantier.

Grrrr ... euh ... non ... pas grrrr ...allez, on reste zen ...
Un grand voyage en voilier est rarement une descente de long fleuve tranquille ... allez !


dimanche 5 mars 2017

St Barth, St Martin

ça monte, ça monte ... et puis des fois ça n'est pas mon jour.

Sorti vendredi matin 3 mars de Jolly Harbour, à Antigua, je vais mouiller dans la baie en sortie et me mettre en attente pour un départ le soir.
Naviguer de nuit, tiens c'est la première fois depuis l'arrivée en Martinique.
Ciel pas trop chargé qui me permet de voir un quartier de lune, puis Orion le chasseur que je repère du premier coup d'oeil maintenant, et Sirius bien luisante dans l'alignement des trois étoiles de la ceinture d'Orion, c'est désormais comme un repère, un clin d'oeil du ciel dont j'ignore tant de sa géographie de constellations.
Le vent est bon, 25 à 28 noeuds par le travers ou quasi grand-largue, 2 ris et génois réduit, j'ai remis le bon génois mylar-double taffetas, j'ai quand même l'impression que ça pousse mieux.

Le régulateur régule le cap, de temps en temps il me fait quelques auloffées dans les rafales, mais il me ramène ensuite sur le cap Nomade qui encaisse bien les vagues de la mer bien formée. Je surveille ça d'une paupière sur l'écran, et je me fais quelques tranches de sommeil sur la banquette de carré sous le vent, bien calé.

ça y est, tout un monde de sensations qui me revient, qui me réconcilie avec cet espèce de monde parallèle que constitue la navigation solitaire de nuit. Repères, sensations, mouvements, acuité visuelle qui se creuse quand on laisse juste une veilleuse de table à cartes allumée. 
Quelques ''ding ding'' de l'alarme AIS, je croise un énorme paquebot de croisière, puis pas de ''ding ding'' quand je croise un voilier sans AIS, mais heureusement j'étais éveillé et je vois son feu de navigation vert sur mon côté tribord, ''vert sur vert tout est clair, rouge sur rouge rien ne bouge'' dit ce repère mnémotechnique....mais allez, je mets le radar en veille aussi, on ne sait jamais...
3 heures du matin, je vais trop vite, ou bien je suis parti trop tôt, j'ai fait 6 noeuds de moyenne et je vais arriver pendant la nuit, non, pas question, allez je vais ralentir, j'affale la grand voile et ne garde qu'un peu de génois ... je me recouche.
6 heures le jour se lève sur les reliefs de St Barth, le vent est toujours autour des 25 noeuds, 
J'affale pour préparer un mouillage dans la baie devant Gustavia.
Et c'est là que la journée se présente de guingois.
Bout de cordage pris dans l'hélice, hélice bloquée, je dérive ... je relance de la toile, je m'éloigne, j'affale à nouveau, et je plonge, (première plongée) marque et tuba, pour  débloquer.
Dites donc, si j'étais arrivé de nuit, ça aurait bien compliqué les choses , bien fait de ralentir ...
OK, je remonte, mince l'hélice ne tourne pas ... en s'enroulant entre l'hélice et l'arbre, le bout a tiré et fait chasser l'arbre du tourteau de couplage au moteur.
deuxième plongée pour aider à pousser l'arbre, tentative de raccrochage au tourteau, mais j'ai l'impression qu'il n'entre pas assez
Je repars, je vais chercher un mouillage plus calme, le vent est encore fort, le clapot aussi, pas terrible l'endroit ... puis l'arbre redécroche, à nouveau plus manoeuvrant, affalage, troisième plongée, armé d'un marteau, le clapot fait taper le bateau et moi dessous, je me cogne la tête pendant que je cogne sur l'arbre pour l'aider à entrer dans le tourteau que j'ai désserré.
Je finis par trouver une petite baie un plus calme, je redésserre tout, je replonge pour la quatrième fois, avec un marteau et un bloc de bois à nouveau et je tape et je tape , en apnée pas facile, pour chasser ce fichu arbre vers l'intérieur au maximum, puis mon marteau est trop petit, il me faudrait une grosse masse.  
Pas confiant ni dans la réparation ni dans l'endroit par ailleurs peuplé de grands yachts, je décide de monter sur St Martin, plus susceptible de m'offrir des solutions de dépannage si besoin.
La veille, un anglais rencontré au bar de Jolly Harbour ert qui vit à St Martin m'avait dit ''méfies toi, à St Barth la vie est très chère''. 
Alors pas question de me faire planter ici.

Je me retape 20 milles dans la brise toujours aussi forte, je croise une armada de régatiers au sud de l'île, des beaux et des gros puis encore des gros yachts sur la partie sud hollandaise de l'île ... décidément ces endroits du nord Caraïbes ont une odeur de fric et de luxe qui ne m'est pas du meilleur goût.
J'enroule péniblement la partie Ouest pour entrer dans la grande baie francaise de Marigot, moteur au final mais en priant que ça tienne, puis j'arrive pile poil à 17h30 à l'ouverture du pont levant pour entrer à l'intérieur du Grand étang de Simsonbaai, autrement appelé ''le lagon'' ... ça a tenu ... mais il faut que je revoie ça sérieusement car le couplage est très particulier, à Lanzarote aux Canaries, lors du changement d'hélice, ils avaient eu du mal déjà à le remonter...Je ne peux pas laisser un doute planer sur ça, ça pourrait vite devenir dangereux dans certaines circonstances.
Peut-être une sortie de l'eau, et un carénage par la même occasion, voilà mes jours à venir occupés à organiser ça.
Pour l'instant je suis à l'intérieur du lagon, tranquille et en sécurité,  amarré non pas ''cul à quai'' ou ''nez à quai'' mais disons plutôt ... ''nez au bistrot''.

 Le chenal d'entrée dans le lagon


Et une fois passé le pont levant, le lagon

 L'île est divisée en deux, St Martin - côté français, et St Maarten, côté hollandais.
Le point rouge, position de Nomade, près de la ville de Marigot, à l'intérieur du lagon.
Et les zigzag en violet au nord ouest, ma trace et mes bords de près serré pour rejoindre l'entrée du lagon à l'heure d'ouverture du pont, pile-poil tout juste...


 Nomade ''nez au bistrot'' ... et moi au bistrot pour une bonne bière bien fraîche et que j'estimais bien méritée .
 


mercredi 1 mars 2017

Antigua ... suite


Terre contrastée Antigua.
D'un côté le yachting de luxe très très british de Falmouth Harbour et English Harbour.
De l'autre la ville "capitale" très carribéenne de St Johns.
Autour de tout cela, l'île est un festival de plages magnifiques sable blanc et eaux turquoises.


Arrivé au sud de l'île dans un vent bien musclé, des grains et fortes rafales, j'hésitais à entrer dans la baie de Falmouth ou English Harbour au sud, puis j'ai finalement opté pour aller me poser à Jolly Harbour, côte ouest, un peu entre les deux parties de cette île de contrastes, dans un endroit à priori tranquille et sécurisé.
Il y a beaucoup de hauts fonds et de patates de corail autour de l'ile, il faut avoir l'oeil sur la carte, et un pilote bien fiable en solo, alors Marcel a fini le travail en jouant du cap plus précis que Benhur dans le final.
Belle eau turquoise dans 4 à 5 mètres de fonds en remontant la côte, plages superbes, puis entrée dans Jolly Harbour, avec ses résidences type lacustre, maisons avec le ponton privé et le bateau devant.... d'un chic !


Une maison au bord de l'eau avec Nomade devant ...
... chérie fais tes valises ...!


Clearance d'entrée après accostage au ponton des douanes et immigration, où le gars en uniforme me regarde tranquillement galérer mon amarrage tout seul dans la forte brise sans lever le petit doigt, pas son boulot ..Puis place au ponton.
Galeries de commerces et restaus, voiturettes électriques revenant du golf à côté, beaux bateaux mais pas de super yachts ici ... un compromis, et un endroit tranquille pour ce régime météo pour lequel la "panne d'alizés" a fait place à un régime "d'alizés soutenus".


Ensuite, je suis allé me ballader dans l'île en prenant les bus, disons plutôt les espèces de combis Nissan ou Toyota qui parcourent l'île en rayonnant depuis St Johns, me rappelant beaucoup l'ambiance du Cap Vert et ses Aluguer.
Ecolières en uniformes, mamas toujours portant de gros sacs, jeunes filles pimpantes tirées à quatre épingles, hommes burinés, les vrais gens d'ici, quoi, ça s'arrête sur le bord de la route et ça repart cent-mille fois dans le parcours brinqueballant.


Je commence par le côté local plus authentique:
St Johns, la capitale de ce petit état qui regroupe Antigua et Barbuda depuis l'indépendance du Royaume Uni.
Une ville carribéenne dans toutes ses couleurs, ses barraques en bois alternant avec des bâtiments plus conséquents.




Dans la boutique de cette ''maison jaune'', on trouve sur le panneau jaune incliné dans la rue des CD musicaux, en pochettes transparentes avec les CD carrément copiés et marqués au feutre noir ... vous avez dit droits d'auteurs, c'est quoi ?


La gare routière d'arrivée centralise tous ces ''bus'' et se trouve juste à côté du marché divisé en marché aux fruits et légumes, marché aux viandes, marché aux poissons, puis des étals de fruits et légumes qui s'avancent plus loin dans la rue en allant vers le centre d'où l'on finit par apercevoir les énormes paquebots de croisières dans le grand port de commerce. De là s'en déversent des tombereaux de ''croisiéristes''.




Tout près du marché, à un rond point, cette vision assez étonnante de l'effigie du ''Père de la Nation'' dont on hésiterait à la qualifier entre un hommage et une de ces grosses têtes de carton-pâte de carnaval. Je me suis surpris à imaginer chez nous ce style d'effigie, du Général par exemple, au milieu de la place de La Concorde … imaginez, avec ses bras écartés en ''je vous ai compris'' et son képi étoilé ?


Vere Cornwall Bird Sur, Le père de la nation qui a unifié Antigua et Barbuda en un seul état


La campagne est beaucoup plus élaguée que par exemple la Guadeloupe, beaucoup moins de forêt et plus de champs ouverts, il y a moins de reliefs, mais on retrouve sinon comme partout dans ces contrées carribéennes cet habitat principalement de maisons de bois parfois assez sommaires.


English Harbour, la ''planque à Nénesse''
Faut dire qu'on a fait fort tout de même, à partir du 18ème siècle, Français et Anglais, venir jusque dans ces contrées pour se taper dessus' dans d'incessants combats pour se chicaner la possession des îles, ''à moi, non à moi, tiens prends ça …''
English Harbour est une baie très encaissée et très protégée, peu visible depuis le large, et c'est là que notamment l'Amiral Nelson planquait sa flotte pour contrôler les environs antillais.
Une vraie planque, et excellente protection aux cyclones qui plus est.
Aujourd'hui, le Nelson's Dockyard est un haut lieu touristique sur lequel des norias d'autobus venant justement de St Johns déversent les croisiéristes de paquebots pour les visites guidées.



 Pavillons anglais

 Américains ... des USVI ( iles vierges US)
Bases nautiques à l'arrière des super yachts 
 Pour donner une idée de la taille de celui-ci ...cette petite chose dans les barrres de flèches babord ...

 ... Un type dans le haubannage ...

 Le pont hyper moderne de celui-ci, Winwin  ... je l'ai croisé en arrivant sous ses grandes voiles noires en carbone, et quand j'ai vu sa trace à l'AIS, au virement de bord, un angle de 80  degrés pas plus quand j'en faisais péniblement 120 dans la brise, impressionnant !

La baie est désormais dédiée au yachting, assurément de luxe à en juger les super-yachts stationnés.
A côté, une autre plus grande baie, Falmouth Harbour accueille aussi des super-yachts, et on peut venir y mouiller ... mais bon ...



 Dans la baie de Falmouth Harbour, les super-yachts

  Yacht club chic 


Les travaux subaquatiques de Maurice ...
"Nous retrouverons même votre Rolex ..."



J'ai laissé Nomade éloigné de ce monde de grand luxe pour lequel j'ai préféré le monde local authentique, les vrais gens d'ici.

Suite du parcours, je remonte sur St Barth, île française à 75 milles au nord-ouest et à une quizaine de milles au  sud de St Martin( côté français) et St Marteens (côté hollandais).
Un départ de fin d'après midi pour naviguer de nuit et y arriver au matin … Jeudi peut-être, à moins que je décide de flâner encore un peu pendant ce régime d'alizés soutenus.