jeudi 8 décembre 2016

Transat - message 4

Position le 8/12 à 12H TU : 16°42N 35°37W
Distance parcourue depuis le départ : 636 NM (moyenne globale 5,3 nds)
Distance sur les dernières 24H : 130 NM
Distance de l'arrivée : 1468 NM (soit un peu plus de 11 jours restants estimés)

Nuit du 6 au 7/12
Après la "molle" de la veille et ma descente en cap pour aller le chercher, le vent est revenu progressivement dans la
journée du 6 autour de 20 noeuds.
Nomade est pleine toile, génois tangonné, et marche bien, J'ai Sirius et la constellation d'Orion dans mon arrière, un clair
de lune dans mon avant, c'est magnifique, le reflet lunaire sur les têtes des vagues donne à la mer une teinte argentée et
la nuit estompe la houle qui parait moins grosse, moment magique, un magnifique tableau en clair-obscur ... un Caravage ?

3H30, je suis réveillé par un fort bruit de claquement sec puis par le bateau qui perd son cap, barre décrochée, part "au
tas" et le temps que je sorte dans le cockpit c'est la pagaille, les voiles qui battent et claquent en rajoutent toujours
dans ces cas là sur l'impression que "c'est la guerre", et surtout quand tout ça arrive de nuit.
Restons calme ...
Je vois qu'une des deux poulies de chemin des commandes de barre du régulateur d'allure a cassé, d'où le bateau qui
est parti en vrac.
Mais en vertu du théorême de l'emm..dement maximum, la bateau en partant "au tas" a dû passer sur la ligne de traine de
l'hydrogénérateur, car elle est venue se coincer sous le safran de gouvernail.
Me voilà bon pour une nouvelle opération nocturne mouvementée.
Redresser le bateau, remettre bout au vent pour y voir plus clair, passer sous pilote, calmer le jeu (et rester calme
soi-même) en enroulant le génois, puis ce fichu tangon qui du coup se met à battre et cogner ... aller à l'avant pour le
bloquer, mais hé, ho, ton harnais, garçon ! Pas le moment de s'égarer dans des manoeuvres hasardeuses comme ça en pleine
nuit, stabiliser un cap bout au vent au moteur, remettre les voiles en ordre, puis entreprendre de décoincer la ligne
d'hydrogénérateur sous le safran ... ça me prendra un ... certain temps ... avec l'hélice de traine qui est encore à l'autre
bout et qui tire et veut tourner, provoquant des sacs de noeuds sur la ligne coincée, remonter tout ça,le démêler, le
remettre en service ... ça y est je refais route normalement ... et je produis de l'électricité à nouveau pour tenir mes
batteries en charge.

Pour la poulie du régul', je verrai ça au matin, en plein jour, et ce sera effectivement réparé au jour levé, en attendant
je remets Tom le pilote. Allez Benhur, bonne fin de nuit ...

L'incidence de la rupture d'une banale petite poulie de renvoi tout de même, ça donne à réfléchir sur les
choix techniques qu'on fait jusque dans le moindre détail, notamment la qualité des matériaux.
Encore une leçon nocturne ... j'ai pris un abonnement ?

Un café bien mérité et au lit, la nuit est encore longue, je dois être dans une zone à TU-3 (j'ai dépassé les 30°W, donc à
15° par heure de longitude ça fait le compte) et le jour arrive de plus en plus tard au fil de ma route.

Dans la nuit le vent monte encore, jusqu'à 27 noeuds (pour des fichiers GRIB qui donnaient 17 tout au plus ... quand on
dit qu'il faut en rajouter ...) et la houle a grossi, le pilote est à la peine, gain au maxi ne suffit pas vraiment.
Je réduis le génois, je reprends un ris à 6H30.

Journée du 7 et nuit suivante: R.A.S.
le vent a des variations entre 18 et 23 noeuds, quelques poussées plus fortes parfois, il faut donc rester vigilant, avec la
houle permanente et assez conséquente en plus, on a vite fait de partir au lof et on est vite sur-toilé.

J'ai pris la résolution suivante:
Le jour je retire l'hydrogénérateur pour diminuer la trainée, je mets la toile maximum que tient "bien" le régulateur,
j'optimise la marche du bateau qui fait pour le moment cap quasiment direct sur La Martinique, allure entre "grand largue"
et "vent arrière".
La nuit, je remets l'hydrogénérateur en service, je prends un ris, j'optimise ... le repos !
J'ai passé une nuit excellente, bien dormi, presque une nuit de terrien !

A part ça ...?
J'ai déjà dévoré deux bouquins, depuis le départ de Mindelo.
J'ignore tout du paysage politico-médiatico-news of the world ... et finalement j'arrive à survivre.
Ai-je loupé des infos majeures, dites-moi ? Visiblement la terre tourne toujours, ça je vous le confirme...
Et mon "saucisses lentilles cuisinées maison" au dîner était excellent.
Là aussi il faut juste être vigilant pour ne pas envoyer une escadrille de lentilles voler à travers le carré.

bises à toutes et à tous

Dom à bord de Nomade, message posté par mail Iridium

mardi 6 décembre 2016

Transat - message 3

position le 6/12 à 8H00 TU = 16°34N 30°48W
distance totale parcourue = 354NM
distance restante = 1757NM

Le vent mollit progressivement le 5/12 et descend très Est, ce qui fait
remonter mon cap trop NW jusqu'au dessus de 17
degrés de latitude Nord, avec peu de vitesse donc une VMG ( velocity made good
= vitesse efficace sur la route )
moyenne sur le parcours des dernières 24 heures assez déplorable d'à peine 4
noeuds.

J'empanne dans l'après midi, puis je finis par me mettre plein vent arrière,
voiles en ciseaux, c'est à dire grand-voile
sur un bord et génois sur l'autre, le tout bien bloqué pour éviter que ça parte
d'un bord sur l'autre violemment dans une
vague. Pour ceci, j'ai tangonné le génois et bloqué la bôme de grand-voile avec
un frein de bôme. Ces bords plein arrière
sont souvent délicats à tenir car le bateau risque de partir au moindre écart
dans le roulis des vagues. J'ai tenté de le
porter au régulateur d'allure, et étonnamment il tient tout à fait bien, la
pale d'aérien bien calée dans l'axe du bateau,
Benhur assure comme un chef, je n'y croyais pas trop pourtant..

Un peu de parlotte VHF avec Génésis qui sont devant moi à 6 milles, et qui ont
fait le même choix du vent arrière en ciseaux
sans qu'on se soit concerté. Ils m'appellent à l'heure de l'apéro alors que
voulez vous … je m'en sers un petit, pour leur
tenir compagnie, ya pas de raison.

23 heures, nuit en clair de lune, le vent mollit encore et je reste trop haut
en latitude, je vais m'enfoncer dans la zone
de "molle", il faut changer d'option.
J'empanne à nouveau et je largue mon ris, la nuit sera calme, pour faire un
bord sud-ouest que je tiendrai toute la nuit
pour aller chercher du vent plus au sud, comme me l'indiquent les données météo
téléchargées aujourd'ui au petit matin par
l'Iridium.
Concernant le largage de ris dans la grand-voile et le changement du tangon, en
pleine nuit eh bien en solo c'est du boulot,
avec le feu de pont allumé, bien harnaché pour aller à l'avant en sécurité.
Débrancher le régulateur et remettre au pilote
le temps de la manoeuvre, et de nuit tout se complique, on n'a pas les repères
visuels et d'orientation, le bateau déréglé
part dans le mauvais sens, le pilote ne comprend plus, l'hydrogénérateur ne
fournit plus, ça dure et avec le projo et tout
le reste … bip bip, battery low …trop de consommation c'est l'enchaînement
galère..allez moteur, on se concentre, on reste
calme et on reprend tout avec méthode.
Je finis tout ça par une nuit de sommeil réparatrice, 7 heures de sommeil en 3
tranches, réveillé parfois par les petits
riens perçus par les sens qui restent en éveil.
La bôme par exemple qui grince un peu dans la baisse de vent et qui joue son
grincement sur une mélodie à deux notes, ça
fait comme un "sol" – "do" "sol" – "do" ( ... c'est Nomade qui joue avec mes
nerfs ... "t'es seul, Do, seul, Do" ... coquin
de Nomade, laisses moi dormir un peu !

Le jour se lève, je vais garder mon cap sud-ouest encore un peu avant de
ré-empanner. Je suis allé chercher du vent … je
crois que je l'ai trouvé, et les fichiers GRIB météo me montrent clairement,
au-dessus de 17 degrés de latitude, c'est trop
mou, et, là à 8 heures TU, je suis descendu à 16°34, ça va être mieux pour
repartir ouest bien appuyé.

PS = après cette mise en conditions de début de transat, et ces posts pour vous
donner l'air du temps et partager avec vous
mes sensations, je ralentirai sans doute la fréquence des publications, il faut
aussi que j'économise mon précieux quota de
communication Iridium.
En tout cas, tout va bien à bord.

Bises à toutes et à tous.

lundi 5 décembre 2016

Transat - message 2

position à 10h00 UTC :
distance parcourue en 46 heures: 252NM , soit une moyenne de 5,5Nds
distance restante : 1841NM

Je crois que ma nouvelle hélice tripale fixe me pénalise un petit peu tout de même en vitesse ...puis j'ai aussi la traînée
de l'hydrogénérateur que je laisse en fonction, pour avoir l'énergie qu'il faut pour le froid alimentaire et les instruments
surtout la nuit, pas de dérogation sur la sécurité, je suis seul, il faut contrôler et veiller un minimum, tout de même...

Le rythme de vie de la longue route solitaire s'installe peu à peu.
En témoigne mon dîner d'hier soir, sous un soleil tombant en feu rougeoyant devant Nomade pour aller se noyer dans l'océan.
Je cuisine le frais autant que possible et tant qu'il y en a: un petit chou vert cuisiné avec une tranche de lard, ça vous
redonne l'énergie de préparer ça en prenant soin que les choses ne partent pas dans tous les sens dans une vague espiègle.

Tombée de la nuit, lune en premier quartier et puis à trois doigts en dessous, superbement brillante un peu bleuté, Vénus,
comme une perle dans le ciel.
Puis le soleil qui revient par l'arrière pour me saluer de nouveau.
Je fais en quelque sorte la course du soleil.
Au matin, je délaisse le bol de corn flake de la veille, petit déj royal cette fois-ci, oeufs au lard, orange capverdienne
pressée,yaourt coco, thé.

Dans ce cycle là, je me dis souvent que les marins des temps très anciens, quoi qu'en disaient les autorités religieuses de
l'époque, celles qui faillirent brûler Galilée et l'obligèrent à se renier, devaient percevoir que tout ça c'est rond, que
ça tourne, et que ça n'est certainement pas plat.

Hier un oiseau, de la taille d'un fou de bassan, plumage gris, mais bec effilé, est venu tournoyer autour du bateau pendant
un long moment, repassant tout près du gréement comme s'il inspectait la possibilité de se poser. Je voyais son oeil
interrogatif.
"Allez, viens te reposer un peu ...".
Puis il a décliné et s'est éloigné.

La houle n'est pas trop forte, elle a diminué un peu et le vent se stabilise autour des vingt noeuds, Nomade glisse dans les
alizés ... avec bonheur pourrais-je dire.
Milieu de nuit, un feu de route sur babord, il me gagne progressivemet puis m'envoie des signaux lumineux auxquels je
réponds. Il n'a pas d'émetteur AIS , je ne peux pas savoir qui c'est.

Je redors et "ding, ding" ... "ding, ding" .. alarme AIS, un voilier fait route sud et me passe devant à 2 milles ... merci
l'AIS!

Et au petit matin, appel VHF "Nomade, Nomade, de Genesis, Genesis" ... non, c'est pas Phil Collins ni Peter Gabriel qui
m'appellent, Genesis est un gros voilier Chattam coque acier, des gens avec qui j'ai fait connaissance depuis pas mal
d'escles, mais ils n'ont pas d'émetteur AIS, juste un récepteur, donc eux me voient, moi pas, cette nuit les signaux c'était
eux. On cause un peu en VHF, ça fait du bien. Je les ai en ligne de mire depuis. Leur bateau étant bien plus lourd, ils ont
laissé toute la toile, moi j'ai gardé mon ris, question de confort ... puis je ménage la monture, ya pas le feu, ça glisse
gentiment, tout est bien...

Chronique d'une vie ... presque ... ordinaire ?
Chronique dune tranche de bonheur.

dimanche 4 décembre 2016

Transat - message 1

position à 13h30 UTC : 16°55,8N 27°24.5W
distance parcourue dans les premières 24H : 133NM

Des belles rafales à 35 Nds dans le goulet au départ, un peu de dévent
derrière Santo Antao, puis désormais un bon vent de 25Nds NE (des alizés
pour de vrai) et un belle houle finalement bien arrière, Nomade marche
bien ...1 ris grand voile et génois complet ... et je dors bien ...
j'ai eu un peu de mal à régler le régulateur d'allure qui manquait
d'amplitude de barre pour rattraper les écarts dûs aux trains de houle,
donc Tom le pilote électrique a été mis a contribution. Puis j'ai reculé
le point de tire du régulateur sur la barre et là c'est bon, Benhur fait
son boulot et rattrape comme il faut même au portant.

La flotille du départ s'est éparpillée hier dans la soirée ...
plus personne a l'horizon ...plus une trace AIS, j'en ai vu partir très
sud... je suis mon cap de route directe pour le moment et tout va bien ...
seul au monde ...

Ô temps suspends ton vol ( enfin pas trop quand même ...)

bises

samedi 3 décembre 2016

Départ imminent ...

Je profite des derniers instants de réseau 3G pour vous adresser mes remerciements pour vos nombreux messages , qu'ils soient par commentaire sur le blog, par mail, par sms ...
Ils me font chaud au coeur.

Le vent souffle bien dès ce matin et j'aurai sans doute une belle accélération dans le couloir entre Santo Antao et Sao Vicente, là où Alex Thomson est venu chercher la survente pour doubler tout le monde dans le Vendée Globe.
Après, ça devrait se stabiliser pendant les jours à suivre entre 15 et 20 noeuds NE, d'après les grib, donc certainement plus. La houle est encore très Nord voire NNW, donc je l'aurai sans doute par le travers pendant quelque temps. Je l'aurais préférée ENE par exemple, bien par l'arrière pour surfer un peu ... Mais c'est pas moi qui commande ...!
La hauteur moyenne des vagues annoncée oscille entre deux et trois mètres, mais la période est assez longue, genre douze à quatorze secondes donc elle ne devrait pas être trop gênante comme me sont parfois ces mers courtes et croisées.


Mindelo, rampe de lancement des vaisseaux impatients
Je te quitte avec un petit pincement au coeur,

Je compte sortir de la baie accompagné de la musique de Cesaria Evora, pour vous donner une idée sonore de l'ambiance dont j'ai envie de m'entourer, il y a particulièrement le morceau intitulé "Isolada" ( vous le trouverez facilement sur Youtube)

Et puis je conclue avec ce très beau poème de Jose Maria de Heredia en vous faisant des bises à toutes et à tous.
A bientôt pour de brefs messages de temps en temps sur le blog.

Les conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Moguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.

Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

vendredi 2 décembre 2016

Le grand saut



C'est comme si jusqu'ici cela n'avait été qu'un intermède, une mise en jambes, malgré tous ces milles déjà parcourus, ces escales toutes plus belles les unes que les autres, Galice, Portugal ( Porto, Lisbonne … ah Lisbonne …), puis Porto Santo, Madère, Les Canaries ( La Graciosa, Lanzarote, Tenerife, La Gomera, El Hierro)
… puis Le Cap Vert … point d'orgue du premier épisode.

Quels adjectifs trouver pour le Cap Vert?
Dépaysant, attachant, coloré, accueillant, authentique, beau, chaloupé de ses musiques, mornas, sodades, jusque dans ce petit resto en fin de rando à Ponta Do Sol sur Santo Antao, un djembé ert une guitare toute simple et le guitariste qui chante, assis sur un tabouret auprès des tables où l'on dîne, sans rien d'autre, sans micro, sans sono, ça chaloupe toujours un peu, cette musique, vaguement rythmée par le bruit du ressac qui s'écrase sur les rochers et des cris d'enfants un peu plus loin qui jouent encore à la nuit tombée.

On oublie facilement les quelques quémandeurs permanents guettant notre passage de la sortie de la marina, à Mindelo, en nous lançant des « hé, mon ami », « hé capitaine », et qui finissent immanquablement par nous demander quelque chose.
Comme Umberto, toujours chaleureux, qui te fait des grands signes sitôt que tu passes le quai de la marina en te donnant des "Hé, mon ami !" te serre la main, te passe la main sur l'épaule comme un vieux pote et suit ta marche jusque dans la rue, et puis vient sa litanie habituelle … «je peux faire du travail sur ton bateau, mon ami … un petit travail pour moi» … et moi de lui répondre à chaque fois «mais non Umberto, je t'ai déjà dit, mon bateau est petit et je suis tout seul dessus, j'ai pas de travail à te donner» … Et Umberto n'insiste jamais trop, puis le lendemain il me ressort son sourire chaleureux et sa sempiternelle litanie en venant vers moi … comme si ça devait faire partie du folklore … pas «chiant» Umberto, juste collant des fois, quand même … Et puis l'autre jour il avait été embauché sur un gros Oceanis 55 américain, pour faire des bricoles genre nettoyage. Umberto pavoisait lorsque je suis passé à côté, on a bien rigolé ...

Ne serait-ce pas finalement une erreur de faire une boucle atlantique sans passer par le Cap Vert?

L'avitaillement ..conséquent … est quasiment achevé, le bateau rangé, les pleins d'eau et gasoil faits, l'inventaire des conserves et aliments de base, riz, pâtes, farine, légumes secs genre lentilles, etc ...tout est ok, me reste à acheter du frais, des fruits, des légumes ( la viande, les jambons, les saucissons, les gars, au Cap Vert on oublie …) pour tenir une bonne partie de la traversée, 16 à 18 jours probablement.

Il me reste à changer mon génois , pas la peine de laisser un mylar-double taffetas coupe tri-radiale taillé pour la régate pour faire 2100 milles de portant, je vais remettre le génois standard en dacron.
A part ça je crois bien que je suis quasiment prêt ….

L'ambiance est aux départs, qui ont commencé. On fait des grand au-revoir aux partants, en leur lançant des « bonne traversée », des «safe crossing », on discute sur le choix de descendre un peu sud pour chercher plus de vent et éviter une « molle » qui se présenterait dans les jours à venir mais qu'on se demande si ça vaut vraiment le coup de descendre… On se dégringole d'internet des fichiers GRIB, des cartes d'analyse de surface et de prédiction Wind/Wave, et on boit des coups en échangeant ses choix …

Et bien voilà … j'en ai rêvé, de ce moment particulier, effleuré il y a 9ans déjà en équipage à bord d'Akela, partis de ce même endroit, Mindelo. Je m'étais juré que je le referais, en solitaire... J'y suis.

Sur le plan de l'émotion … je ne vous en dis pas plus.
Vendredi, police des frontières faire tamponner le passeport pour la sortie de territoire, police maritime pour récupérer les papiers du bateau ...

Je largue les amarres samedi, et j'ai un océan à traverser …
J'ai crevé l'oreiller,
J'ai dû rêver trop fort,
(...chantait Bashung ...)


jeudi 1 décembre 2016

Rando sur Santo Antao

Trois jours de randonnée de ceux qu'on aura du mal à oublier.

Jour 1 
Avec Marie-Claire et Alexis nous laissons Nomade au ponton de Mindelo et prenons le ferry pour Santo Antao, l'ile proche, au lever du jour.

 La baie de Mindelo au lever du jour
 Santo Antao, proche de notre point de départ, un ancien cratère cultivé





 Un peu de pluie, les capes sont de sortie






 Premier hébergement à Coibras, Casa Zeca

 La vallée vue de Casa Zeca

Jour 2
 Petit déj copieux !

 Nous avons loupé une bifurcation ... 
un aluguer de passage nous permet de refaire route inverse 







 Le midi,arrêt chez Dona Joana, elle était sensée nous préparer un pique-nique
Nous avons droit à un accueil chaleureux et à un repas copieux !
Adorable Joana, 52 ans, 11 enfants, joviale, elle guettait notre descente de la montagne et nous a fait de grands signes avec un torchon blanc pour nous indiquer la bifurcation

Vue de la terrasse de Joana

Notre destination finale en bas de la vallée, le village de Cha de Igleja


Jour 3




Le chemin serpente à flanc de falaise, dans des reliefs vertigineux






Ponta Do Sol, notre destination finale

Jour 4 - avant le retour sur l'île de Sao Vicente


Retour de pêche


S'il fallait conclure brièvement, je dirais ceci :
Allez-y !!!

Marie-Claire et Alexis repartent, l'atmosphère est au grand départ.
Les discussions de pontons tournent autour d'un sujet principal : les alizés sont-ils établis ?
A priori, cette fois-ci ça semble se mettre en place, les départs sont imminents, dans les jours à venir.
Samedi 3 décembre peut-être ? 
A suivre ...